Une conférence bien évitée
Pour être honnête, en ce moment, avec les annonces de suppression de titre, de mutualisation de service et les vacances qui approchent, on ne peut pas dire qu’il se passe des choses bien palpitantes au boulot. Surtout Pascal s’est considérablement calmé ce qui fait que j’ai moins à raconter. Oh, si, il y a eu l’autre jour où il s’est énervé dans un anglais approximatif envers une femme au téléphone, mais il n’y a qu’avec le son que ç’eut été rigolo d’en parler.
Et puis, j’ai fini de me battre avec ses horaires depuis bien longtemps, mais ça, ça n’a pas changé : il n’arrive jamais avant midi maintenant. Bon, si personne ne lui dit rien, pourquoi s’en priverait-il ? Pareil, je vais pas insisté lourdement sur le sujet.
Ce lundi, pourtant, j’ai bien ri (une fois de plus). Mon rédac’chef me demande dans son bureau : “Pop, il y a une visite à Londres, départ demain à 17h30 retour mercredi avec une arrivée à 20h30, je peux pas y aller, je voulais voir si tu pouvais”. Usuellement, la perspective d’aller à Londres m’enchante, mais là, mon planning n’était guère favorable, et puis 24 heures avec des confrères, c’était – comment dire – sympa mais pas non plus super captivant.
J’ai donc argumenté que ça m’arrangeait pas, que j’avais des tas de trucs prévus pour mon 14 au soir et mon 15 et qu’on pourrait demander à Pascal si ça l’intéressait et s’il n’était pas d’accord, bah, j’irais (parce que bon, c’était pas dramatique non plus).
Mon rédac’chef a un peu tiqué parce que je crois qu’il a pas super envie que les gens connaissent de près Pascal, ce qui est à peu près inéluctable quand tu fais un aller / retour et que tu passes une journée avec d’autres journalistes. Surtout dans notre domaine où on est dix.
Pascal est arrivé à 11h45 en se tenant le bide. Il me croise dans le couloir et me demande si j’ai eu trente-huit de fièvre ce week-end, non, je réponds, et il m’explique que lui, oui, et qu’il a passé un dimanche horrible en position couché incapable de se lever. Je pensais qu’il allait me dire que c’était la raison de son retard ce matin, mais non.
Du coup, quand notre rédacteur en chef est venu pour voir si Pascal voulait aller à Londres, j’ai abrégé la conversation et j’ai tout simplement expliqué que puisque Pascal était malade, j’irais à Londres. Pascal, à ce moment-là, ne savait pas qu’on lui proposait un voyage à Londres. À l’instant où la proposition est arrivée à ses oreilles, il s’est redressé et nous a tenu un speech à mon rédacteur en chef et à moi : “Non, mais, hein, là, ça va déjà bien mieux, et je pense que j’aurais aucun problème à aller à Londres demain. Oui, attends, là, oui, je sens la maladie qui s’en va, voilà, elle est en train de partir, et c’est sûr que demain, j’aurais aucun problème”.
Comme ça m’arrangeait, j’ai dit : “décide, comme tu veux”. Mais, bon, il venait d’expliquer qu’il était malade et tout ça, il ne pouvait pas non plus perdre la face, alors il me répond : “non, toi, tu décides”. “Mais, moi, je suis pas malade, je m’en fous vraiment”, j’insiste. “Bon, alors on tire à pile ou face”, propose-t-il. J’ai choisi face, c’est tombé sur pile, j’évitais Londres (ce qui m’arrangeait puisque je devais aller travailler au bureau le mardi pour prendre de l’avance).
À 14 heures, Pascal se lève de son siège et – comme d’habitude – sorti de nulle part, il me dit : “Pop, je voulais te dire que vu l’évolution de la maladie, je pense vraiment que demain ça ira”. “J’avais compris”, je réponds. “Oui, mais je voulais te le dire pour pas que tu crois que c’est un caprice et que j’ai menti pour la maladie, j’avais vraiment 38 hier, et c’est pas à cause de Londres que ça va mieux”. C’est ça, je me suis dit, c’est ça. Intérieurement, je riais fortement en vrai. Parce que j’imaginais tous mes confrères demain qui allaient passer 24 heures avec Pascal. Et je me disais : “tiens, ça fera un bon test pour savoir si c’est moi qui suis totalement fou ou si c’est lui” (non, parce que, parfois, j’ai un peu l’impression que j’abuse à le critiquer tout le temps).
Quoi qu’il en soit, il va à Londres, revient le mercredi et donc il m’explique que tous les gens étaient très cons (je résume parce qu’en réalité, ça a été très long et ça avait un rapport avec Sergio Leone, ce qui ne va pas être possible d’expliciter clairement ici). Et dans la journée, je reçois un mail d’un de nos confrères qui était du voyage et qui se termine ainsi :
PS : je ne connaissais pas vraiment Pascal avant ce voyage de presse. Comment dire… c’est un phénomène dans son genre… Faut s’habituer en somme ! ;-D
Voilà, sur ce, je pense que je vais pas trop mettre à jour ce blog dans les prochaines semaines, mais conservez-moi dans vos flux RSS, je serai en pleine forme en septembre !
La bise.