Le RC
Grands Dieux. Ça fait super longtemps que j’avais plus rien mis à jour ici. C’est pas tant le contenu qui manquait que le temps pour le rédiger. Ainsi, aujourd’hui, parlons de la figure indispensable d’un journal, le rédacteur en chef. Le mien, il parle de lui à la troisième personne :
Un RC, ça doit avoir le temps de réfléchir à l’avenir du journal. Il a une vision, le RC. Alors, cet été, je vais pas prendre de vacances pour réfléchir à la vision que je veux imprégner à notre revue.
En fait, c’est de la foutaise. L’autre été qu’il était censé réfléchir à sa vision, il dormait derrière son bureau à buller en dépiautant des mandarines de Turquie. Le truc, c’est qu’il bosse non seulement comme RC pour notre journal, mais il est aussi CR (chef de rubrique) pour un autre journal du groupe et participe au HS (hors-série, non, je prends pas mes lecteurs pour un con) d’une troisième revue. Forcément, ça lui bouffe pas mal de temps. Alors, bon, la vision, hein, disons qu’il fait au plus pressé. Par exemple, donner le sommaire trois mois en avance, c’est impossible. Ce qui fait qu’on sait généralement entre cinq et dix jours avant le bouclage ce qu’on doit écrire. Ce qui nous fait entre 108 et 132 pages qu’on torche comme ça en une semaine et demie.
Sinon, il est passionné par les armes à feu, te raconte qu’il va tuer des chevreuils et des tas d’autres bêtes et te ramène des photos numériques qu’il imprime sur la Canon couleur et qu’il affiche dans son bureau. Alors, quand tu y rentres (ce que tu évites en général), t’as un peu l’impression de faire un tour dans dans un cimetière pour animaux. Et il pose à côté de la dépouille.
Et puis, il est super rigolo, il fait des blagues trop marrantes. Par exemple, jeudi, il fallait aller à une conférence de presse, moi, j’étais en congés de déménagement, je lui avais fait signer les papiers d’absence et j’avais prévenu tous mes collègues. Alors mercredi, je pars, je dis : « Salut les gars, à mardi prochain ». Donc, la conférence de presse, j’en savais même pas l’existence et n’y suis bien sûr pas allé.
Le vendredi, la société qui organisait la conférence appelle et dit : « euh, les mecs pourquoi vou’z’êtes pas venus, c’est pas cool, il manquait que vous ». Et mon RC répond : « Ah bah ouais, c’est abusé, j’avais dis à Pop de venir, il n’est pas venu ? C’est dingue, ça. On peut vraiment faire confiance à personne, faut tout que je fasse tout seul ».
Voilà de quoi motiver son équipe, non ?