Zi Offize

La vie au boulot, c'est rien que de la merde

Un retard exceptionnel

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Hier, Pascal est arrivé à 11 heures parce qu’il avait rendez-vous avec son “comportementaliste” (un genre de psy, j’imagine) et qu’il n’avait pas réussi à prendre de rendez-vous avec lui depuis une éternité et qu’il était important qu’il le voit, ce en quoi je trouve qu’il a raison (qu’il en voit beaucoup, surtout).

En revanche, il est reparti tôt (vers 17 heures) parce qu’il devait faire renouveler une ordonnance médicale rapport à ses sinus qui l’empêchent de bien dormir (raison pour laquelle il arrivait en retard en juillet).

Ce matin, Pascal est arrivé à 11 heures parce que sur l’ordonnance qu’il avait fait renouveler hier, le médecin avait prescrit du Nosonaze mais la pharmacie lui avait donné du Nosoflex et qu’il fallait qu’il repasse dans la pharmacie pour faire échanger le médicament.

Ce type est génial.

Written by Engagé Baleine

September 26th, 2008 at 11:40 am

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Une dent contre lui ?

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– Salut Pop, désolé d’arrivé en retard, mais j’étais chez le dentiste ce matin. Et j’ai encore la joue engourdie.
– …
– Ça se voit ?
– Quoi ?
– Que j’ai été chez le dentiste ?
– Non Pascal.
– Parce qu’on m’a fait une couronne provisoire et…
– Je m’en fous.
– Non, mais…
– Putain, et moi, ça se voit que j’ai un implant ? Putain, si t’avais la joue grosse comme une balle de baseball, je te l’aurais dit, mais là, t’as une couronne provisoire, très bien, mais comment tu veux que ça se voit ?
– Parce que… ce que je veux dire, c’est qu’il a fait ça rapidement et que ce n’est que provisoire, alors si ça se trouve…
– Si ça se trouve de rien du tout.
– Oui, mais là, ça se voit quand j’ouvre ’a ’ouche ? ’a ’e ’oit ? L’alignement de la dent ? i’ est ’omment ?
– Il est parfait.
– Bah, c’est tout ce que je voulais savoir.
– Bah alors, c’est tout ce qu’il fallait me demander.

Written by Engagé Baleine

September 24th, 2008 at 12:25 pm

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L’incroyable homme-pieuvre aux sinus parfaits

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La journée avait plutôt bien commencé jusqu’à ce que Pascal ne m’appelle d’abord sur le portable (donc mon répondeur) et ensuite à mon poste de travail (et là, j’ai répondu). Il était dix heures et quart et – mais je m’en doutais – Pascal tenait à m’annoncer qu’il allait arriver en retard ce matin, “mais que c’était dû à des circonstances exceptionnelles”. Son message sur mon répondeur expliquait en détail :

J’ai un souci, je me suis rendu compte à l’instant que ma montre était en train de repasser automatiquement à l’heure d’hiver c’est-à-dire qu’elle retarde… Ça a dû commencer au début de ce week-end, et là, par rapport à ce que j’avais prévu, je suis vingt-cinq minutes en retard. Du coup, je ne sais pas si je passe au bureau ou si je vais directement à la péniche, sauf que je sais plus les coordonnées donc je t’appelle de toutes façons.

Je pense que c’est l’excuse en bois la plus fabuleuse qu’il ne m’a jamais sortie.

Donc, nous avions rendez-vous sur une péniche pour une conférence de presse (et ça, c’est une mauvaise idée les péniches : à chaque fois je tombe malade). Mais il est quand même passé par le bureau pour me rejoindre. Comme un boulet ne suffit pas, j’étais accompagné par Stéphanie, une fille qui travaille au service publicité et que mes collègues ont surnommée bien avant mon arrivée : “la dinde”. A priori, elle est – selon eux – très bête. Et j’avoue que jusqu’ici, je n’ai rien trouvé qui me permette de les contredire. C’est la seule fille que je connaisse qui est tombée enceinte “par accident” (bon alors qu’elle n’utilisait aucune méthode de contraceptif et que son copain ne mettait pas de capote) et qui deux ans plus tard, lorsqu’elle retombe enceinte te réexplique qu’il s’agit d’une grossesse “complètement inattendue, comme la première”.

Elle a pour autre particularité d’inventer des mots et des expressions comme “endormir le poisson” (en fait : “noyer le poisson”) ou bien “j’ai fait une gourde” (et non, elle ne parle pas de son premier enfant, elle veut dire “bourde”).

Alors que j’attendais Pascal, Laurence essayait de me montrer contre ma volonté des photos du père de la copine de son fils qui venait de se tuer la veille au cours d’une balade en montagne. Comme je refusais de venir voir son ordinateur, elle les a imprimées pour les poser sur mon bureau.

Finalement, Pascal et sa montre magique sont arrivés et nous pûmes partir à notre conférence de presse avec Stéphanie.

Trois heures avec à ma droite une fille qui rigole de n’importe quoi – comme lorsque j’ai entrepris pour tromper mon ennui de dessiner sur mon cahier des hommes-pieuvres : “ahahaha trop drôle, des hommes-pieuvres” – et à ma gauche, un autiste qui – outre un couplet assez chiant sur “à quel point c’est difficile de manger des petits fours quand tu es juif, parce que tu sais jamais dans quoi il y a du porc ou pas” – nous expliquait en long en large et en travers ses problèmes de sinus et d’écoulement nasaux.

– Pop, tu as déjà fait un scanner ?
– Non, jamais.
– Moi, j’en fais un ce soir. C’est pour ça que je partirai à 16h30, le rendez-vous est à 17 heures et je veux pas le rater.
– Bah ok, tu fais comme tu veux.
– C’est à cause de mes sinus, on va vérifier qu’il n’y a rien d’autre dans le nez.
– Ah ? T’as des problèmes de sinus, demande Stéphanie.
– Oui, ça m’empêche de dormir et jusqu’au mois dernier, j’attendais d’avoir la mutuelle pour prendre rendez-vous chez le médecin.
– Noooooooooon, déconne ? continue Stéphanie.
– Le pire, c’est que justement, on me fait un scanner pour voir ce qu’on fait comme opération, parce que si ça se trouve, c’est bénin et on va juste me faire une anesthésie locale pour me soigner. Ma mère et mon frère ont le même problème et ils ont dû aussi y passer.
– Noooooooooon, déconne ?
– Et le truc, c’est que moi, j’ai une cloison nasale déformée…
– En plus ?
– Alors il est possible qu’on ne me fasse une anesthésie générale. Tu te rends compte, Pop ?
– Non, m’en fous. Mon homme-pieuvre, il a pas de problème de sinus, il avale de l’eau de mer par litre entier, ça lui soigne tout.
– En tout cas, je prends ma semaine du 4, reprend Pascal.
– On sait, Pascal, tu as les fêtes juives et tu dois aller chez ta mère en Loraine pour les célébrer, vas-y, nous saoule pas avec ça.
– Non, je parle du 4 avril.
– Ah booooooooooon ? demande encore Stéphanie (faut que je la briefe sur “comment éviter de tendre des perches à Pascal”).
– Oui, parce que Bruce Springsteen passe à Forbach [je me rappelle pas de la ville, en fait]. Et c’est à une demi-heure de là où j’habite.
– Troooooooooooooooop kewwwwwwwwwwl.
– Ouais, et ce sera la vingt-cinquième fois que je le vois en live.

De retour au bureau, la discussion sur les sinus a continué et fut complétée par des monologues passionnants de Pascal sur le chat de sa mère qu’elle trouvait trop distant mais qui maintenant vient dormir avec elle et l’empêche de se lever jusqu’à neuf heures du matin, la séquence dans 40 ans toujours puceau où les mecs improvisent des répliques qui commencent toutes par “tu sais à quoi on voit que tu es gay ?”, les trente secondes dans Soprano saison 5 où un type dans le fond est en fait un batteur de Springsteen et dont une réplique qui lui est adressée est en réalité le titre d’une des chansons du Boss (dis donc, dis donc…) et puis son frère aîné qui vient de faire son coming-out à 45 berges, modification inattendue de la cellule familiale.

La journée avait plutôt bien commencé, écrivais-je…

Written by Engagé Baleine

September 22nd, 2008 at 11:39 pm

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RTT Time

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Quand Martine Aubry a pensé aux 35 heures et aux RTT (avant que cela ne devienne une insulte), j’imagine qu’elle se disait comme moi que ça permettrait de souffler et d’éviter les collègues pour une journée. Non pas que leur présence peut abrutir, mais prendre du recul, sortir la tête des dossiers, pouvoir envisager de croiser d’autres visages sont des perspectives des plus réjouissantes.

Or, moi, j’ai un cauchemar vivant et c’est pas Freddy des griffes de la nuit. Le mien, c’est Pascal. Car, quand je ne viens pas au boulot, Pascal a toujours une bonne raison de m’appeler. Ce qui fait qu’un jour de RTT n’est jamais loin d’un jour de bureau. Et pour tout dire, les raisons de ses appels sont pour le moins légères.

Depuis deux jours, je suis donc en congés exceptionnels pour préparer mon futur déménagement dans un appartement tout naze que je vais payer une fortune, mais c’est une autre histoire.

Hier, à 15h30, coup de fil de Pascal… que j’écoute plus tard sur le répondeur.

Pop, je t’appelle parce que je viens d’avoir l’information et elle semble confirmée par le site de la BBC, donc, c’est pour te dire que Rick Wright, le clavier des Pink Floyd est mort hier d’un cancer foudroyant. Je voulais te le dire parce que t’aimes bien Pink Floyd et donc, ça confirme qu’il n’y aura jamais de reformation. Rappelle-moi si tu veux qu’on en parle. Allez, je te laisse profiter de ta journée de RTT. À jeudi.

Bien sûr, je n’ai pas rappelé : la mort de Rick Wright n’étant pas un sujet qui nécessite de larges discussions (et j’aurais parfaitement pu attendre d’entendre l’information à la radio ou la télé, sa santé ne m’a jamais vraiment préoccupé).

Aujourd’hui, second jour de repos, loin des angoisses de l’Open Space quand, à 13h46, mon portable sonne. Là encore, je regarde : Pascal. Bingo. Je laisse glisser l’appel à nouveau vers la messagerie : “Bonjour, vous êtes bien sur le portable de Pop, je ne peux pas vous répondre pour le moment, mais laissez votre message et je vous rappellerai sans faute”.

Bonjour Pop. Pascal. Je passe à l’Apple Expo… Remix. Je vais y être d’ici dix minutes, un quart d’heure. Je vais y faire un tour d’horizon et dire bonjour à Machin et Truc pour qu’on ait fait acte de présence, mais surtout ce soir, je file chez ikea, car il y a une remise sur les… enfin, je crois que c’est le billet de transport à un euro pour tout le monde sur l’ensemble de l’Île-de-France donc j’en profite pour passer chez Ikéa et pour prendre le Byödor [?], une baguette de diode blanche qui sert pour un éclairage d’appoint et pas mal de gens installent ça derrière leur écran plat LCD parce que ça permet d’avoir une uniformisation plus intéressante quand il y a des couleurs sombres. Donc, voilà, je vais vérifier ça, j’en prends un pour moi. C’est à 40 euros. C’est l’équivalent de l’Ambilight sauf que les couleurs ne défilent pas. mais c’est parait-il très bien. Bon je te laisse. Bonne journée. Et rappelle-moi si tu en veux un.

Je ne sais pas s’il est allé chez Ikéa, mais je me demande bien d’où il sort son histoire de transport à un euro. En tout cas, sur le RER A, j’ai payé le plein tarif. J’espère qu’il sera super heureux de sa baguette de diode blanche en tout cas. Et surtout qu’il ne m’en parlera pas trop…

Written by Engagé Baleine

September 17th, 2008 at 5:58 pm

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Laurence

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Verbatim :

Et comme on arrive trop tard les agences sont toutes fermées, donc Hertz m’a dit de voir avec une agence de voyage pour voir avec eux…
Non, le problème, c’est que moi, je suis débordée au niveau du boulot et j’ai absolument pas le temps de le faire… Et non… Et je voulais savoir si tu avais une agence de voyage en face de chez toi… Non, j’ai regardé et les meilleur tarifs c’est chez Hertz…
Oui, mais effectivement, tu passes par une agence de voyage qui prend un accord avec un hôtel à côté à qui il laisse la clé… Non, mais… Oui, c’est ça qui a dû se passer…
C’est la première fois de ma vie que je loue une voiture, c’est la première fois que je me trouve confrontée au truc… Non, mais ce que je m’étais dit, c’est : “est-ce qu’on peut pas partager tous ensemble la location de la voiture”. Parce que j’ai vu qu’il y en avait pour 100 ou 150 euros. Ça me fait hésiter… Ça me fait remettre, si tu veux entre toutes les complications, le voyage.
Mais si tu peux aller juste dans l’agence de voyage en face de chez toi, mais tu ne réserves rien, juste pour savoir… Nîmes, c’est Nîmes. On arrive vers 22h30 et on repart le dimanche tous ensemble dans le même train. Je m’étais vraiment calqué sur vous… Le dimanche en fin de journée, mais y’a pas de pb pour rendre la voiture le dimanche soir.
Je sais que toutes les autres, non, c ‘est trop loin.

Laurence a la cinquantaine trébuchante, elle est maquettiste, première secrétaire de rédaction, standardiste, comptable, gestionnaire. Elle est la matriarche de la famille rédactionnelle. Elle prend à cœur de nous prendre pour ses enfants.

Bon, alors, les enfants, vous me remettez quand vos textes ? Parce que c’est le 12 qu’on doit rendre les films à l’imprimeur… Oui, et là, tel que c’est parti, je peux vous dire que c’est mal parti, on y arrivera jamais. C’est encore plus la catastrophe que le mois dernier. Oui, c’est carrément la panique, là… Et tu vois, j’ai toujours rien aujourd’hui, alors qu’on est à dix jours de la remise des films chez l’imprimeur, mais je m’en fous cette fois-ci, j’appellerais pas Paul pour lui demander 24 heures, c’est au rédacteur en chef de le faire et je suis pas rédactrice en chef, donc je demanderai rien. En plus, c’est toujours moi qui me fait engueuler après, c’est pas mon rôle, je suis désolé. Alors, les textes ça avance ?

Moi, elle s’est entichée de ma tête et ne cesse de rappeler à quel point je lui fait penser à son fils. Fils, sarkozyste, 26 ans, ingénieur en je-ne-sais-quoi.

Oh ! Mais c’est fou ! Pop, tu me parles vraiment comme mon fils. On dirait que je suis avec lui quand je suis avec toi. C’est complètement fou, ça… Non, j’en reviens pas du tout… Tu as les mêmes intonations de voix que lui, je te jure…

Quand Laurence n’a plus rien à dire, elle te parle de sa fille qui est super forte (si ce n’est la plus forte) en équitation.

Et hier, je suis allée la voir et quand elle est montée sur le cheval, tous les moniteurs ont dit aux autres élèves de regarder et c’est vrai que – je dis pas ça parce que je suis sa mère, mais c’était vraiment génial.
Elle est vraiment gracieuse et belle, on sent qu’elle a ça dans le sang, elle est vraiment merveilleuse, et je dis pas ça parce que je suis sa mère.

Donc, faut essayer de travailler dans cette ambiance hystérique avec cette fille qui parle et qui chante quand elle ne parle pas.

Les garçons, vous voulez bien qu’on mette de la musique ? Non ? Non. Je suis sûr que vous ne voulez pas. C’est dommage, on travaille mieux quand il y a de la musique. Sinon, tant pis, je vais chanter.

Mais si, par malheur, tu parles quand elle doit poser sa grille de Sudoku pour travailler, c’est la catastrophe totale.

Pascal, tu veux bien te taire. Merci. Parce que ce que je fais c’est drôlement compliqué et comme d’habitude, j’ai tout à faire d’un coup, et j’ai pas quatre bras. Tu n’as qu’à parler dans le couloir. Non, je suis désolée, quand je parle, personne ne travaille, je suis même obligé de faire mes Sudokus en même temps.

Maintenant, pour mieux comprendre, tu appelles quelqu’un d’important et en même temps tu lis la suite de cette conversation téléphonique :

Tu vois, tu passes à l’agence, mais surtout tu ne réserves rien et tu demandes juste le prix et si c’est possible… Juste le prix, oui. Attention, hein… Sinon, non, c’est trop compliqué, Non, mais non… Ça fait trop. C’est un petit lourd pour moi de payer tout ça, en plus, au niveau du boulot, c’est pas vraiment évident pour partir… Non mais si elle le sait maintenant, elle le sait…
Je sais maintenant qu’il y a un certain nombre de voiture de location qui sont louées par les autres… Et elle m’a répondu que chacun se démerdait ; donc, du coup… Mais oui ! Et c’est pour ça que j’ai réservé et je m’étais calqué par rapport à tout le monde en ne soulevant pas le problème de loction de voitures pensant que ce serait partager par tout le monde. Mais j’ai plein de gens qui vont devoir aussi louer des voitures et ça, ça va être un problème…
Non, c’est surtout connnaitre le prix.

À force d’habitude, j’arrive à décrocher complètement de son timbre de voix et j’arrive à ne pas l’entendre, ce qui me sauve très souvent. Tout le monde, par contre, n’a pas ma chance.

Written by Engagé Baleine

September 14th, 2008 at 10:00 pm

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