Zi Offize

La vie au boulot, c'est rien que de la merde

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Une sensation de redite

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Ouh la. Ça fait une éternité que je ne suis pas venu raconter mes déboires professionnels, m’aperçois-je. Les raisons sont un peu simples : il y a eu moins d’histoires délirantes ou peut-être ai-je fini par m’y habituer et que c’est devenu pour moi tellement normal que je n’arrive plus à me convaincre que ça vaut le coup de les raconter.

En fait, je pense surtout que les situations se répètent.

Par exemple, lundi, j’étais en vacances, et comme toujours quand je suis en vacances, Pascal m’appelle. Message sur le répondeur (j’aurais dû le garder, d’ailleurs) : “Pop [blablabla vacances, blablabla, je veux pas te déranger, blablablabla mais je t’appelle parce que], tu viens de recevoir une lettre au boulot sur laquelle il est écrit ‘Urgent et confidentiel’. Comme c’est confidentiel, je ne l’ai pas ouvert [youpi, un bon point et au troisième tu as le droit à une image], mais j’ai regardé par transparence en plaçant la lettre contre la vitre [???] et je peux te dire qu’à l’intérieur, il y a un papier avec des caractères imprimés dessus [NON ? Déconne ! C’est une LETTRE ! Mééééérde]”.

Donc, oui, oui, c’était mon avance de treizième mois car je suis beaucoup trop dépensier depuis que je suis célibataire, merci Pascal et surtout merci pour cette étonnante constatation qu’une lettre est principalement composée d’un papier avec des caractères imprimés.

Voilà typiquement un truc qui m’aurait fait bondir il y a six mois, mais je me sens totalement épuisé par l’idée même de faire la moindre remarque sur le sujet.

Pour autant, le véritable problème avec Pascal reste ses horaires – encore qu’on a constaté la semaine dernière avec la maquettiste qu’on préférait qu’il arrive tard parce que dès qu’il était là notre productivité se trouvait diminuée de moitié ou plus encore.

Oui, Pascal continue d’arriver – qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau – à onze heures et demie. Son départ le soir ne dépasse bien sûr pas dix-huit heures. Parfois dix-huit heures trente s’il n’a pas fini d’éplucher le forum des fans de Britney Spears, occupation à première vue passionnante.

La semaine dernière, il y avait les fêtes de Pâques, et dans la religion juive, ces fêtes sont très importantes. Je n’y connais pas grand-chose mais, en substance, pendant sept jours, l’alimentation des juifs est limitée (pas d’œufs, pas de céréales et d’autres trucs) avant de tuer l’agneau le samedi avec les autres sur le parvis du Temple à Jérusalem. C’est rapport à Moïse et la sortie d’Egypte ou l’entrée en territoire promis, franchement, j’en sais rien et ça ne m’empêche pas de dormir [edit : je crois me souvenir que c’est en rapport avec une étoile qu’ils ont vue dans le ciel, donc c’était pour aller vers le territoire promis].

Pour Pascal, bien sûr, c’est là une source inépuisable de discussions passionnées sur tous les problèmes et poye poye poye le malheur que c’est d’être juif et tu te rends pas compte comment ma vie est dure.

Comme je trouve ça con comme ses pieds de se faire chier avec une religion qu’on considère férue de traditions obsolètes, je me suis permis de faire remarquer qu’il n’avait qu’à s’en foutre et qu’il fasse bonne figure chez sa môman (oui, il va chez sa môman passer les fêtes juives, môman qu’il appelle une fois par jour du bureau et je vous promets, ça glace le sang quand on entend au téléphone le type d’en face se pencher au sol comme si personne ne le voyait dans l’open-space faire des : “Non, non, NON, maman, NON, ce sera BEAUCOUP plus simple si je prends le train depuis Bézier et que je dors chez le cousin… Bon, et comment va le chat ? Il va bien ? Non, NOOOOOON, je ne veux pas, tu arrêtes maintenant” en hurlant à moitié et quand après avoir raccroché il me cherche du regard pour faire des gros soupirs en disant des trucs comme : “mon frère Jean a encore acheté quinze kilos de saucisses de canard, il dilapide l’héritage familiale avec ses conneries, il avait déjà acheté la semaine dernière quinze kilos de pâtés de canard qu’il a fallu congeler et le congélateur déborde” – véridique, je n’invente rien, même pas les chiffres).

Oups, je me suis égaré. Donc quand je lui ai fait la remarque que, hein, bon, personne l’oblige à faire le gentil juif modèle à Paris loin de sa famille, il m’a expliqué que oui, il était pétri de contradictions, mais c’était comme ça et j’avais rien à dire. Bien sûr, chaque midi à la cantine, j’avais le droit en détail à tout ce qu’il ne pouvait pas manger : “non, là, je peux pas, parce que le bœuf, il est vendu avec une sauce, or, dans la sauce, il y a des céréales, et les céréales, j’ai pas le droit, et en plus, je dois manger du pain azyme et c’est très dur”. “Bah, t’as qu’à demander le bœuf sans sauce”, je réponds. “Oui, non, parce que bon, en fait, j’ai pas envie de bœuf”. Aha, pris la main dans le sac, le Pascal.

Ainsi, chaque jour de la semaine, il arrivait avec son petit tupperware garni de pain azyme et je rigolais intérieurement, parce que d’habitude, il ne mange jamais rien entre les repas donc je me suis convaincu que c’était un signe simplement ostentatoire pour rappeler son appartenance au peuple élu. Je suis mauvais.

Quand le jeudi d’avant le vendredi de Pâque est arrivé, on travaillait tard parce qu’on était très à la bourre et à 19h, il a voulu absolument s’acheter une baguette de pain (pour le lendemain) parce que purée une semaine sans pain, c’était horrible. L’opération lui a pris près d’une demi-heure, et franchement, c’est Issy-les-Moulineaux, c’est pas non plus un bled paumé.

Enfin bref. Revenu avec sa baguette qu’il caressait délicatement en se pourléchant les babines d’avance, Pascal a réussi à finir le journal en temps et en heure (après avoir pas mal merdé sur un dossier qui parlait d’amplificateurs audio-vidéo (oui, ras le bol d’inventer des trucs stupides) pour lequel en deux semaines il avait réussi à en commander un appareil sur six et celui-ci, on l’avait déjà testé un mois avant, clap, clap, un peu plus tard alors qu’il se félicitait de son dossier : “je me suis bien débrouillé”, je lui ai rappelé l’épisode humiliant du produit déjà testé et il s’est contenté d’un “bon, oui, là, j’ai merdé”) et est parti le lendemain chez sa môman, en Lorraine, jusqu’au mercredi suivant.

Le jour qui précédait son départ en terre sainte, nous étions tous au bureau (la maquettiste, Pascal, Bob, le syndicaliste, et moi) quand le rédacteur en chef arrive et fait une remarque sur le fait qu’on est à la bourre et qu’il faudrait un peu se dépêcher. Alors, Pascal s’insurge comme quoi s’il n’a pas fini son travail, c’est la faute à Bob parce qu’il doit écouter un produit avec Bob et que Bob traîne à le mettre en œuvre. Et il conclut devant tous le monde : “de toutes façons, Bob, avec ses horaires, c’est normal que la revue soit à la bourre”. Paille, poutre, œil du voisin, je fais pas de dessin, mais nous étions tous estomaqués par l’arrogance de Pascal qui jugeait les horaires de Bob inadmissibles.

Donc, quand le jeudi de la semaine suivant arrive, Pascal devait revenir. Onze heures, pas de Pascal. Onze heures trente, pas de Pascal. Mon rédacteur en chef sort la tête de son bureau :

– Pascal devait pas revenir aujourd’hui ?
– Bah, si, je crois, je réponds.
– Et ?
– Et quoi ?
– Et il est où ?
– Bah je sais pas.
– Mais il est 11h40 ?
– Ah oui, mais ça, c’est rien : il a juste dix minutes de retard.

La maquettiste et moi, nous pouffons de rire, et le RC fait : “oui, mais quand même 11h40”.

Pascal arrive alors, installe son Mac et retourne dare-dare sur les forums de Britney Spears. Il est midi, il est arrivé depuis vingt minutes, je pars manger avec la maquettiste et j’essaie de faire en sorte que Pascal ne nous suive pas, parce que bon, il vient d’arriver, il peut peut-être garder le bureau pendant qu’on va manger, me dis-je. Disons plutôt, ça me paraît tomber sous le sens. On descend et on s’installe à une table, quand par la fenêtre, je vois Pascal avec son plateau et il arrive : “ah, j’ai eu du mal à vous trouver !”.

Le soir même, il partait à 18h00 parce que “le Blu-ray du Bon, la brute et le truand sort aujourd’hui et j’ai pas l’intention de le manquer”.

Snif.

Written by Engagé Baleine

May 2nd, 2009 at 12:02 pm

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Se prendre une veste

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Les choses se sont améliorées avec Pascal dans la mesure où je le côtoie moins depuis l’envoi de mon email. \o/

Par contre, cela ne l’empêche pas de me saouler jour après jour.

Il a mis comme statut sur son Facebook que son “boulot le faisait chier”, ce que je comprends probablement plus que lui. Il m’en parle et je lui répond : “Mais tu sais, tu devrais chercher du boulot !”. Et il me dit : “Oui, je vais y penser, mais si je m’en vais je mets la revue en péril”.

Mouaaarararrrrrrrrrrf. Bien sûr. On a bossé des années sans lui, son départ ne risque sûrement pas de mettre la revue en péril. D’ailleurs aucun départ ne met une revue en péril. On arrive toujours à sortir le numéro quoi qu’il se passe.

Enfin, bon, moi, je sais que si je trouvais du boulot ailleurs (et ok, je fais pas tous les efforts du monde pour y parvenir), je me casserais sans scrupule, la revue, je me doute bien qu’elle sortira sans moi.

Quand je lui ai dit : “pas de panique, t’inquiètes, on te survivra”, il m’a répondu : “j’en prends note et je vais chercher tout de suite du travail”. Juste après, il s’est plongé dans la lecture d’un forum et dans les minutes qui suivaient il a tenté de m’expliquer pendant une demi-heure qu’un type n’avait pas compris le sens “caché” de la dernière chanson de Britney Spears. Je me suis dit que sa “recherche immédiate de boulot” avait obtenu un nouveau sursis.

La semaine dernière, déjà, il m’a entretenu de choses passionnantes : “Pop, je vais m’acheter une veste ce soir”. J’en étais subjugué. Et hier – tadam ! – il est arrivé avec sa nouvelle veste. Il a ouvert la porte comme s’il était une gravure de mode, s’est installé sans la retirer et a entrepris de la brosser avec le revers de sa main pendant dix minutes. Caché derrière mon ordinateur, je voyais bien ce qui se passait, même si j’avais pas percuté tout de suite que c’était une nouvelle veste.

Puis, il s’est relevé, a regardé autour de lui, a fait un tour de l’Open Space et s’est rassis. Là, j’ai feint de ne rien observer de son petit jeu “éhéhéhéhéh vous avez vu ma nouvelle veste ?” et j’ai continué de travailler.

Une heure plus tard, on l’appelle pour récupérer du matériel, il enlève sa précieuse veste, la fait tourner en l’air une fois, deux fois, trois fois – toujours dans le même but qu’on le remarque et qu’on fasse un commentaire dessus – et à la quatrième, elle est tombée par terre. En la ramassant, il conclut : “ah, je suis pas encore Travolta, moi”.

Lorsque le repas est arrivé, j’ai dit que je mangeais dehors avec un pote (en l’occurrence, Bob, mon collègue) et là, il a enfin pu placer une remarque sur sa veste. Et il était content, content, content : “Ah ah ! Tu veux pas manger avec moi parce que je suis mieux habillé que toi !”.

Voilà. Exactement. Tu m’as démasqué.

Written by Engagé Baleine

March 17th, 2009 at 4:52 pm

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Fuckin’ Pascal [Super long]

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Ah putain, je viens de craquer. Enfin, craquer façon moi, c’est-à-dire que j’ai dit : “maintenant, ça suffit” et j’ai pris mes affaires tout rouge colère que j’étais et je suis parti.

Ras le bol de Pascal, vous pouvez juste pas imaginer. Toute la journée d’hier, il s’est plaint de ne pas être payé aussi bien que moi, alors que lui, quand même, il avait fait l’ENS, hein. Je lui ai dit que quand on prend un boulot de pompiste, on est pas mieux payé parce qu’on a fait l’ENS, on est payé pour un boulot de pompiste.

Je lui ai demandé de l’aide pour travailler vendredi ou lundi sur les news du mag, rubrique dont j’ai plus ou moins officieusement la charge. Il m’a dit : “bien sûr, je suis pas trop chargé ce mois-ci”. J’ai dit : “cool”. Et il a répondu : “mais bon, j’ai une page de plus que toi à écrire, quand même”. Alors, j’ai répondu : “oui, mais moi je fais les photos” et il a ajouté : “oui, mais t’es payé pour”. Alors, j’ai dit : “je suis pas payé pour faire les news”, et il m’a dit qu’il était pas payé non plus quand un type appelait pour envoyer des infos sur un produit et qu’il le réaiguillait vers moi. Même si je comprenais que c’était de l’humour, j’étais énervé.

De toute façon, je suis en colère après lui depuis mon retour de vacances. Juste avant, j’avais essayé de lui faire comprendre que, d’un point de vue humain, il pourrait ne serait-ce que faire le moindre effort pour tenter d’arriver à 10h30 plutôt que son traditionnel 11h15 ou 11h30. Chépa, une vague notion, tentais-je de lui expliquer, de respect d’autrui, et de moi en particulier, allez quoi, on est pote quand même, c’est moi qui t’ai fait entrer, quand même.

Et puis, faut dire que ses excuses journalières commençaient à me courir sur le haricot : “j’ai mangé indien hier, je l’ai mal digéré”, “j’attends que le postier passe parce qu’il devait m’amener une lettre pour la mutuelle que j’attends depuis six moi”, “je dors mal parce que j’ai les narines bouchées”, “ma montre a retardé toute seule d’une heure ce week-end”. Bref, revenant de mes vacances, voilà que Pascal débarque à 11h30 bien tassées. Le lendemain 11h15. Je fulminais. Au repas de midi, je lui dis alors tout de go : “écoute Pascal, je te demande un service, je te prie d’arriver à 10h30 et tu continues à arriver à 11h30, tu te fous de moi ?”. “Non, non”, répond-t-il, “je suis pas dans ce schéma-là et je te ferais remarquer que la semaine dernière, je suis arrivé plus tôt toute la semaine, mais quel dommage, t’étais pas là pour le voir”.

Quel dommage en effet.

Mercredi dernier, un produit de 2 x 250 kilos repartait de nos locaux. Le transporteur devait arriver à 10h00 et à ce repas, la veille, donc, je lui explique : “écoute, demain, sérieux faut que tu fasses quelque chose, je veux que tu arrives à 9h50 parce que si le transporteur débarque et que je suis tout seul, je vais te maudire”.

Arrive le mercredi.

9h50. Siège vide.

10h10. Siège vide.

10h20. Siège vide.

10h30. Pascal arrive.

Le transporteur n’était pas passé mais sous ma cervelle éclatait une tempête de colère. Comme une fleur, il s’assoit à son bureau, et je le regarde et lui dis le plus sérieusement possible : “non, là, sois clair : tu te fous de ma gueule”.

Et le voilà qui prend sa mine contrariée, outrée et désespérée, tout ça à la fois et il me dit dans un souffle de tristesse infinie, me fixant droit dans les yeux :

“Écoute Pop. Je te promets, j’ai fait ce que j’ai pu : je peux pas faire mieux. C’est le maximum”.

Vous savez dans les films quand une déflagration souffle un personnage et qu’il se retrouve incrusté dans le mur, bah voilà où j’étais.

“Je peux pas faire mieux”.

C’était sa réponse.

Pas pour arriver à 6h00 du matin, hein ! Pour arriver à 10h30. Je peux même pas expliquer le degré d’abasourdissement que j’avais atteint. Le mercure d’un thermomètre anal aurait explosé.

Alors, encore sous le choc, il entreprend de m’expliquer :

“Ce qui s’est passé, c’est qu’hier, après être parti, je suis allé chez MacWay pour acheter un disque dur de 320 Go pour mon iBook à qui je voulais redonner une seconde jeunesse, mais une des vis de l’iBook était coincée et j’ai eu du mal à l’extirper, l’opération a été plus longue que prévue et pour te prouver ma bonne foi : après avoir changé le disque dur, j’ai regardé le dernier épisode de The Office et alors qu’il dure 45 minutes, j’en ai regardé que vingt minutes parce que sinon, je savais que je n’aurais pas réussi à me lever pour être à l’heure”.

Putain, mais je rêve ? J’écris bien ce que je suis en train d’écrire, là ? Le gars, ok, je suis pas son chef, mais QUAND MÊME. Est-ce que ça ressemble de près ou de loin à une excuse valable ? “J’ai regardé une série hier soir, c’est pour ça que j’arrive en retard”.

Mais vous imaginez si on faisait tous ça ? Hier, un pote est venu chez moi, on a joué à la console jusqu’à une heure et j’ai pu arriver à 9h30 sans me forcer !

Scotché, je n’ai pu que balbutier : “ok, ok, si tu me dis que tu ne peux vraiment pas faire mieux”.

Quelques minutes plus tard, alors que je quittais le bureau, il vient me voir : “tu vois Pop, s’il y a bien une chose que tu peux savoir de moi facilement, c’est quand je mens : parce que quand je mens, j’ai les yeux qui fuient et là, tout à l’heure quand je t’ai expliqué pourquoi j’ai pas pu arriver à 10h00 [quoi ? qu’est-ce que tu m’as expliqué ?], je t’ai regardé droit dans les yeux, ça veut dire que j’étais franc et honnête”.

Ouais, ouais, super.

Vous savez quoi, vous, chers lecteurs de ce beulogue ? Vous êtes en train de me voir devenir fou. J’ai l’impression de devenir taré avec ce mec.

Le coup de grâce a été atteint entre hier et aujourd’hui. J’en pouvais plus de “et moi, j’ai fait l’ENS, et moi, je suis juif”. Après le coup de la pizza avant-hier (à lire sur mon autre beulogue, donc), je suis arrivé ce matin plutôt content car pas mal à l’heure dans la restitution de mes textes. J’étais assez guilleret.

Pascal est arrivé à 10h30, comme depuis le début de la semaine, je me dis, bon, on progresse. Comme je crois l’avoir expliqué, on est deux à rédiger nos tests : un premier qui fait le descriptif du produit et son écoute, l’autre une écoute “comparée”. Donc, je lui avais passé le fichier d’un produit qu’on avait écouté. Et, comme à son habitude, il le relit. Oui, je vous l’ai déjà dit ? Pascal a fait l’ENS en lettres classiques. Il a aussi fait une thèse sur le pouvoir Américain, il a parlé d’Obama sur un forum de cinéma, il y a cinq ans, il est très calé en astronomie, connaît toutes les dates des révoltes bolcheviques, parle couramment le grec et reprend systématiquement tout le monde tout le temps. Mais il prend un malin plaisir à me faire chier plus que les autres. Donc, relisant mon texte, j’ai le droit à ses commentaires. “Oh ! la faute d’accord ! Oh ! Non ! J’y crois pas ! Comment t’as délayé là ! Franchement, ça se voit ! Alors, attends, là, j’ai changé ce que tu écrivais en ça, parce que c’est mieux dit et plus joli”. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. Lui demandant s’il y en a beaucoup (de fautes d’accord), il me regarde et fait : “oui, quand même”. Cinq minutes après, j’ai la feuille de mon texte avec quatre traits rouges, une faute d’accord bête et une connerie d’un “ait” devenu “est”.

Bon, bon. À table, pendant le repas, il revient à la charge : “tu vois, ce qui se passe, c’est que quand tu délayes, on sent trop, moi, quand je le fais, c’est mieux, parce que c’est aussi ça qu’on apprend à l’ENS [rires]. Dans mon texte, je te le ferais lire en remontant, tu verras, c’est plus structuré… ton texte, il part dans tous les sens, le mien, il a une ossature, une organisation [il se fout de ma gueule, pas possible autrement], c’est que je n’aime pas les textes qui sont des successions de faits, et c’est exactement ce que tu as écrit”. Oh, le verre d’eau me démange. Oh le verre d’eau, là…

Nous remontons. À 15h30, je demande un service à Bob pour une traduction d’un texte technique. Bien sûr, Pascal sautille sur sa chaise : “je peux vous aider ?”. “Non, je demande à Bob”. C’est vrai quoi, merde. Alors, au bout de dix minutes où je discute doucement avec Bob, Pascal se lève, sort de la pièce, revient, s’assoit à son siège et n’y tenant plus, se relève et vient voir ce que j’essayais de traduire (c’étaient des mots techniques anglais à propos de sujets qui ne m’intéressent pas comme : “listing complet des pièces nécessaires à la fabrication d’un escalator”). Il regarde par dessus nos épaules et y va bien sûr de son commentaire. Finalement, une explication m’est donné, qui me convainc moyennement, mais bon, je me dis : “allez, laisse pisser”.

Et alors qu’il n’avait à peu près rien dit d’intelligent, il s’en va en glissant à l’oreille de Bob : “C’est marrant, c’est celui à qui on ne veut pas demander qui a la réponse en moins d’une minute”. Alors, j’entends bien sûr, je réponds : “tu m’as donné aucune réponse”, il fait : “bah, si, quand même”. Et là, c’est la putain de cocotte minute dans ma cervelle, j’ai laissé éclater un “bon, là, j’en ai marre” virulent. J’ai pris mes affaires et je me suis tiré. Et à peine arrivé chez moi, afin de sortir tout le pus de ma cervelle, d’exorciser toutes les images noires de ma journée, je tape ce texte d’une traite, ne le relis pas et le mets en ligne pour trouver dans le réconfort des amitiés virtuelles une once de compassion envers mon calvaire journalier.

Et accessoirement, je pense que c’est le dernier sur le sujet, parce que sinon, je vais me retrouver à Saint Anne plus vite que prévu (je devais pas y aller avant 2012).

Written by Engagé Baleine

February 12th, 2009 at 6:43 pm

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Vacances… Vite… !

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Ce soir, pour moi, ce sont les vacances qui vont commencer. J’ai tellement de jours de congés que je sais même pas comment me démerder pour tout dépenser d’ici fin mai : 22 jours + 5 jours de « 5ème semaine » + 2 jours d’ancienneté + 2 jours de fractionnement. À cela s’ajoute 22 jours de RTT par an (2 par mois sauf en août). Ça a parfois du bon les grosses entreprises…

Enfin, bref, je compte faire un maxi-giga break. Hier, j’ai donc dit à Pascal que pendant cette période, je ne voulais pas entendre parler de la société. Pas un mot de revente, de pas revente, de ce qui s’est passé dans le bureau, de Bob qui a fait son cossard, du rédac’chef ou de la maquettiste ou de la pub, rien de rien de rien.

En vrai, je souhaitais lui dire que je voulais pas qu’il me contacte pendant ma semaine de vacances, mais j’ai pas eu le courage, je suis trop con.
Alors que j’étais dans mes explications de : « pendant les vacances, je veux rien entendre de ce qui concerne le boulot », nous allions tous les deux manger (oui, tel un chien fidèle, mon ami Pascal court autour de moi avec fougue).

– Donc, je t’appelle pour rien ce qui concerne le boulot ?
– Voilà, c’est ça, l’idée.
– Ok. Et s’il se passe quelque chose à la cantine ?
– Euh… Non.
– Et s’il se passe quelque chose sur le chemin pour aller à la cantine ?
– Euh… Non.
– Et s’il se passe quelque chose qui ne concerne pas la société mais qui est en relation avec l’un des salariés du magazine ?
– Euh… Non. Rien.
– Ok. Et si…

Alors au bout de dix minutes de ce jeu de questions / réponses stupides (oui, ce n’était pas sérieux dans la bouche de Pascal, je me moque de lui mais il est quand même pas bête), je finis par lui dire : « Rien, tu ne m’appelles pour rien ».

Mais je sais que c’est peine perdue… Parce que je lui ai demandé de ne pas me contacter pour me parler du boulot, je suis sûr que j’aurais le droit à un coup de fil de lui : « Pop, je sais que je dois pas t’appeler pour le boulot, mais figure-toi qu’aujourd’hui au bureau… » et ma quiétude disparaîtra.

Written by Engagé Baleine

January 21st, 2009 at 4:40 pm

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Vive les vacances (des autres)

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Je ne sais pas vraiment si c’est l’arrivée des vacances, mais à J-1 avant le départ de mes collègues en congés, ceux-ci se sont surpassés pour me faire chier. Non pas qu’ils ont eu du mal, je suis ces temps-ci particulièrement soupe au lait à cause de problèmes sentimentaux trop personnels pour que je les expose au bureau.

Je ne parle même pas de mon rédacteur en chef qui m’a saoulé ce matin pour que je débloque un mail coincé dans notre filtre anti-spam et qui était en réalité le nouveau catalogue de Marc Dorcel (véridique). Je ne parle pas non plus de Bob qui a expliqué en arrivant qu’il repartait pour corriger les épreuves du compte-rendu de CE et que ce serait plus facile depuis chez lui.

Non, tout a commencé avec l’arrivée de Laurence vers 10 heures, notre chère maquettiste qui a passé la première partie de la matinée à tailler le bout de gras avec sa directrice artistique se plaignant de ne pas avoir de boulot, à coups de « les rédacteurs n’ont pas écrit de texte, c’est quand même fou, on est là et on a rien à faire, pfff, qu’est-ce qu’on s’emmerde ». Quand on a finalement trouvé un truc à lui faire faire, elle a fait : « rho, pfff, mais ça, c’est pour le mois de février ». Oui, bah au moins, c’est du boulot ! Comme si on allait subitement taper nos textes alors qu’aucun produit à tester n’est arrivé.

Un peu plus tard, elle me dit : « Pop, faut que j’te demande quelque chose. Est-ce que tu peux me fournir du Prozac ? ». Je sais pas vraiment si elle était sérieuse pas plus que je ne comprenais pourquoi elle pensait que j’en aurais, mais je lui demande pourquoi elle en veut. Et elle me répond : « Oh, c’est pour ne pas avoir envie de tuer mes beaux-parents demain ». Je lui explique que c’est très gentil, mais que le Prozac t’en prends pas une fois et zou, ça y est, tu commences à voir la vie en rose ou violet suivant ta couleur préférée et qu’il faut en prendre pendant plusieurs jours pour que ça serve à quelque chose. Ça a été une grosse déception, alors elle s’est remise à chantonner en se plaignant qu’on avait pas encore fait nos textes.

Mais le clou de la journée fut sans nulle doute mon très cher Pascal. Pour comprendre, il faut que je place un peu le contexte, mais je sais qu’on ne comprendra pas les raisons de mon agacement malgré tous les efforts que je pourrais faire pour les faire palper textuellement.

Nous avons lancé un dossier sur douze ou quartoze produits de même catégorie, que j’appellerai des clepsydres en hommage à Fort Boyard. Comme nous sommes quatre rédacteurs, on a dispatché entre nous les gens à contacter. Chacun a donc trois ou quatre clepsydres à trouver soit deux ou trois importateurs / distributeurs à qui téléphoner. Je contacte les miens et Pascal les siens. Au bout de deux heures, j’ai mes trois produits, Pascal me saoule en me demandant à chaque coup de téléphone : « qui donc je dois appeler pour avoir Machin ? Et pour Truc ? ». Ma réponse est invariable : « Regarde dans notre fichiers clients, tu crois que je les connais par cœur ? ». « Ah oui. Pas bête ». Bah oui, c’est pas bête. Pfff.

Bref, c’était la semaine dernière.

Après deux jours d’absence, vendredi et lundi, j’avais laissé deux affaires en cours. Je pensais qu’on m’aurait bêtement prévenu s’il y avait eu des nouvelles. Après tout, j’avais bien eu le droit à un coup de fil à chaque visite au service courrier de la part de Pascal. Et bien sûr, c’est lui qui a réceptionné les deux coups de fil que j’attendais. Mais ça ne devait pas avoir autant d’importance que les frais postaux de mes DVD chez Amazon.

D’un coup, alors que j’explique à mon rédac chef que j’ai essayé de rappeler une personne dont j’attendais le coup de fil, Pascal me dit :

– Ah mais elle a appelé !
– Et elle a dit quoi ?
– Elle a dit que… euh… que le… que les clepsydres, euh… elle a pas de…
– Elle a pas, ou elle peut pas ?
– Non, c’est… euh… elle a… Attends, elle a dit…

Bon, et là, je m’énerve : « Pascal, me saoule pas : tu l’as eu au téléphone, elle a dit qu’on pouvait avoir des clepsydres ou pas ? Ou je la rappelle et je dis que tu m’as passé un message incompréhensible ? ». Je sais que menacer Pascal d’appeler quelqu’un pour lui dire que le message laissé était incompréhensible, ça l’énerve plus que tout. Il y a un mois, dans une situation identique, il était devenu fou à l’idée que je rappelle quelqu’un dont le message avait été « encodé » par l’esprit de Pascal. « Tu vas me faire passer pour un abruti ! » avait-il hurlé en m’arrachant le combiné rajoutant : « attend, je vais me souvenir ».

Et là, c’est la panique, Pascal a laissé tomber ses papiers, s’est assis sur une chaise totalement déstabilisé et l’air perdu : « Attends, laisse-moi réfléchir, attends, je suis… attends ». Et il s’est mis la main dans la tête, dans un mouvement de peur totale. je me suis senti un peu mal de l’avoir foutu si mal à l’aise, mais je pensais pas que ça le perdrait à ce point. Alors je me suis calmé un peu.

– Bon, Pascal, réfléchis. Elle a dit que…
– Elle a dit que…
– Quoi, alors ?
– Que…
– Que les clepsydres seraient disponibles après les vacances de Noël ?
– Oui… oui ! C’est ça, je me rappelle maintenant. Elle a dit que la société fermait pour les vacances et qu’elle pourrait rien faire pour nous avant le 5 janvier.
– Ok… mais elle t’a dit si elle avait des clepsydres disponibles ?
– Euh… Euh… Après le 5 janvier, elle a dit.

Ok, pas la peine d’essayer d’en tirer quoi que ce soit.

Il se rassoit à son bureau. Je lui demande alors pour l’autre importateur qui doit m’amener une autre clepsydre.

– Et Bidule, il passe nous l’amener sa clepsydre ?
– Euh… oui, il a dit qu’il passerait mais il avait l’air de dire qu’il passerait pas cette semaine, mais qu’il passerait après.
– Après le 5 ou avant ?
– Euh… oui, il passera.
– Pascal, je peux l’appeler à ce moment là, ça me dérange pas le moins du monde.
– Euh… euh… oui… il a dit qu’il passerait.

Je l’appelle, le gars voulait passer la semaine prochaine, lundi 27. Quand je raccroche, Pascal me dit : « Ah tu vois j’avais raison ».

Alors, je voyais pas vraiment comment son magma sonore de « euh, euh, euh » pouvait être un symbole de raison, mais j’ai laissé glisser.

Et comme un des importateurs de clepsydre, Ricardo, que Pascal devait appeler ne pouvait pas nous en fournir, on décide avec le rédac’chef d’en appeler un autre, Paolo, et je m’en charge. Histoire pour une fois que ce soit clair.

Je pourrais raconter que Pascal n’a cessé de m’interrompre pour « m’aider » pendant le coup de fil, mais ce serait inutile (quoique super chiant). Toujours est-il que je finis par me mettre d’accord sur une clepsydre avec l’importateur et je raccroche et là, Pascal me dit : « bin dis donc, c’est quand même grâce à moi qu’on a la clepsydre de Paolo ! ».

Alors, là, j’explose une fois de plus :

– Pardon ? Non, mais tu déconnes ? C’est quand même moi qui vient de passer le coup de fil à l’instant, non ?
– Oui mais c’est pour remplacer la clepsydre de Ricardo et c’était mon idée d’appeler Paolo [ça ne l’était pas].
– Putain, mais ta gueule, putain, tu arrêtes de te foutre de ma gueule, maintenant, j’en ai vraiment ras le cul.

Et j’ai pris mes affaires avant de dire : « Bon, je me casse avant d’avoir envie de te péter la gueule ». Il était 16 heures.

Je l’ai dit dès le début que j’étais soupe au lait.

Written by Engagé Baleine

December 24th, 2008 at 1:06 am

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