Enough
Jeudi, j’ai fini par envoyer un mail à Pascal. Très modéré, je trouve. Mais il a eu l’effet escompté, ou presque : il ne vient plus manger avec moi le midi. Sauf que ça me donne l’impression d’être un affreux connard. C’est dingue, ça.
Pascal,
tu vas arriver d’ici quelques minutes et là, j’en ai marre, comme j’arrive pas à dire ce que j’ai à te dire, je vais te l’écrire, n’est-ce pas ?
Tes horaires sont une insulte aux gens qui travaillent avec toi.
Franchement, là, j’en ai plus que ras le bol, et aucune excuse ne peut justifier ton attitude. Même si tu m’assures que ce n’est pas du foutage de gueule, c’est du foutage de gueule.
Juste hier : arrivée à 11h15 et tu repars à 17h45. Désolé, mais même avec toute la bonne volonté du monde, ça reste inadmissible.
Si encore tu ne te plaignais pas dès qu’on te demande de faire quelque chose, ce serait supportable, mais là, tu me fous juste en rogne minute après minute.
Sache aussi que quand tu dois aller te faire faire une opération pour les sinus ou quoi que ce soit d’ailleurs : tu DOIS prendre un jour de congé. Allez chez le médecin une matinée N’EST PAS une raison d’absence “gratuite”.
Pour finir, je suis navré d’être mieux payé que toi alors que tu as fait l’ENS (ça va, je crois que j’ai compris), mais cherche ailleurs, va trouver mieux ! Rien ne t’en empêche et ta mauvaise volonté m’affecte énormément.
J’ai tout tenté : être sympa, te demander gentiment, mais rien n’y fait.
Alors, là, c’est simple, je craque. Si c’est ton but, c’est réussi, mais ne te surprends pas que je fasse tout pour t’éviter ou pour
manger avec toi, actuellement ta nonchalance et ton sentiment “d’être dans ton bon droit” me coupe l’appétit.
J’envoie ça, sans relire, quelques minutes avant que tu arrives, nous ferons bien quand tu le liras.
Mais là, je te jure, rester ton pote est au-dessus de mes forces.
Arrivé à 11h15, il n’a lu ce mail qu’à 13h. Il m’a juste dit : “je ne t’ai jamais reproché de gagner plus d’argent que moi”. Et la discussion s’est arrêtée là.
Non tu n’es pas un affreux connard.
Bon, ça fait un peu “lettre de rupture dramatique” avec copain ou copine…du lycée quand on avait 15 ans.
Mais tu as pour toi – et nous en sommes un peu les témoins – d’avoir pratiquement tout essayé. Alors… Tu as peut-être bien fait avec ce mail (seul l’avenir te le dira…) et soit tu auras droit à une réaction qui pourrait le rapprocher de la “normalité”, soit…on a pas fini de rigoler !!!!!! (pardonne moi, j’ai pas pu m’en empêcher !)
Courage. The force be with you.
cork
3 Mar 09 at 1:17 am