Zi Offize

La vie au boulot, c'est rien que de la merde

Se prendre une veste

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Les choses se sont améliorées avec Pascal dans la mesure où je le côtoie moins depuis l’envoi de mon email. \o/

Par contre, cela ne l’empêche pas de me saouler jour après jour.

Il a mis comme statut sur son Facebook que son “boulot le faisait chier”, ce que je comprends probablement plus que lui. Il m’en parle et je lui répond : “Mais tu sais, tu devrais chercher du boulot !”. Et il me dit : “Oui, je vais y penser, mais si je m’en vais je mets la revue en péril”.

Mouaaarararrrrrrrrrrf. Bien sûr. On a bossé des années sans lui, son départ ne risque sûrement pas de mettre la revue en péril. D’ailleurs aucun départ ne met une revue en péril. On arrive toujours à sortir le numéro quoi qu’il se passe.

Enfin, bon, moi, je sais que si je trouvais du boulot ailleurs (et ok, je fais pas tous les efforts du monde pour y parvenir), je me casserais sans scrupule, la revue, je me doute bien qu’elle sortira sans moi.

Quand je lui ai dit : “pas de panique, t’inquiètes, on te survivra”, il m’a répondu : “j’en prends note et je vais chercher tout de suite du travail”. Juste après, il s’est plongé dans la lecture d’un forum et dans les minutes qui suivaient il a tenté de m’expliquer pendant une demi-heure qu’un type n’avait pas compris le sens “caché” de la dernière chanson de Britney Spears. Je me suis dit que sa “recherche immédiate de boulot” avait obtenu un nouveau sursis.

La semaine dernière, déjà, il m’a entretenu de choses passionnantes : “Pop, je vais m’acheter une veste ce soir”. J’en étais subjugué. Et hier – tadam ! – il est arrivé avec sa nouvelle veste. Il a ouvert la porte comme s’il était une gravure de mode, s’est installé sans la retirer et a entrepris de la brosser avec le revers de sa main pendant dix minutes. Caché derrière mon ordinateur, je voyais bien ce qui se passait, même si j’avais pas percuté tout de suite que c’était une nouvelle veste.

Puis, il s’est relevé, a regardé autour de lui, a fait un tour de l’Open Space et s’est rassis. Là, j’ai feint de ne rien observer de son petit jeu “éhéhéhéhéh vous avez vu ma nouvelle veste ?” et j’ai continué de travailler.

Une heure plus tard, on l’appelle pour récupérer du matériel, il enlève sa précieuse veste, la fait tourner en l’air une fois, deux fois, trois fois – toujours dans le même but qu’on le remarque et qu’on fasse un commentaire dessus – et à la quatrième, elle est tombée par terre. En la ramassant, il conclut : “ah, je suis pas encore Travolta, moi”.

Lorsque le repas est arrivé, j’ai dit que je mangeais dehors avec un pote (en l’occurrence, Bob, mon collègue) et là, il a enfin pu placer une remarque sur sa veste. Et il était content, content, content : “Ah ah ! Tu veux pas manger avec moi parce que je suis mieux habillé que toi !”.

Voilà. Exactement. Tu m’as démasqué.

Written by Engagé Baleine

March 17th, 2009 at 4:52 pm

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Enough

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Jeudi, j’ai fini par envoyer un mail à Pascal. Très modéré, je trouve. Mais il a eu l’effet escompté, ou presque : il ne vient plus manger avec moi le midi. Sauf que ça me donne l’impression d’être un affreux connard. C’est dingue, ça.

Pascal,
tu vas arriver d’ici quelques minutes et là, j’en ai marre, comme j’arrive pas à dire ce que j’ai à te dire, je vais te l’écrire, n’est-ce pas ?
Tes horaires sont une insulte aux gens qui travaillent avec toi.
Franchement, là, j’en ai plus que ras le bol, et aucune excuse ne peut justifier ton attitude. Même si tu m’assures que ce n’est pas du foutage de gueule, c’est du foutage de gueule.
Juste hier : arrivée à 11h15 et tu repars à 17h45. Désolé, mais même avec toute la bonne volonté du monde, ça reste inadmissible.
Si encore tu ne te plaignais pas dès qu’on te demande de faire quelque chose, ce serait supportable, mais là, tu me fous juste en rogne minute après minute.
Sache aussi que quand tu dois aller te faire faire une opération pour les sinus ou quoi que ce soit d’ailleurs : tu DOIS prendre un jour de congé. Allez chez le médecin une matinée N’EST PAS une raison d’absence “gratuite”.
Pour finir, je suis navré d’être mieux payé que toi alors que tu as fait l’ENS (ça va, je crois que j’ai compris), mais cherche ailleurs, va trouver mieux ! Rien ne t’en empêche et ta mauvaise volonté m’affecte énormément.
J’ai tout tenté : être sympa, te demander gentiment, mais rien n’y fait.
Alors, là, c’est simple, je craque. Si c’est ton but, c’est réussi, mais ne te surprends pas que je fasse tout pour t’éviter ou pour
manger avec toi, actuellement ta nonchalance et ton sentiment “d’être dans ton bon droit” me coupe l’appétit.
J’envoie ça, sans relire, quelques minutes avant que tu arrives, nous ferons bien quand tu le liras.
Mais là, je te jure, rester ton pote est au-dessus de mes forces.

Arrivé à 11h15, il n’a lu ce mail qu’à 13h. Il m’a juste dit : “je ne t’ai jamais reproché de gagner plus d’argent que moi”. Et la discussion s’est arrêtée là.

Written by Engagé Baleine

February 28th, 2009 at 8:51 pm

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Fuckin’ Pascal [Super long]

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Ah putain, je viens de craquer. Enfin, craquer façon moi, c’est-à-dire que j’ai dit : “maintenant, ça suffit” et j’ai pris mes affaires tout rouge colère que j’étais et je suis parti.

Ras le bol de Pascal, vous pouvez juste pas imaginer. Toute la journée d’hier, il s’est plaint de ne pas être payé aussi bien que moi, alors que lui, quand même, il avait fait l’ENS, hein. Je lui ai dit que quand on prend un boulot de pompiste, on est pas mieux payé parce qu’on a fait l’ENS, on est payé pour un boulot de pompiste.

Je lui ai demandé de l’aide pour travailler vendredi ou lundi sur les news du mag, rubrique dont j’ai plus ou moins officieusement la charge. Il m’a dit : “bien sûr, je suis pas trop chargé ce mois-ci”. J’ai dit : “cool”. Et il a répondu : “mais bon, j’ai une page de plus que toi à écrire, quand même”. Alors, j’ai répondu : “oui, mais moi je fais les photos” et il a ajouté : “oui, mais t’es payé pour”. Alors, j’ai dit : “je suis pas payé pour faire les news”, et il m’a dit qu’il était pas payé non plus quand un type appelait pour envoyer des infos sur un produit et qu’il le réaiguillait vers moi. Même si je comprenais que c’était de l’humour, j’étais énervé.

De toute façon, je suis en colère après lui depuis mon retour de vacances. Juste avant, j’avais essayé de lui faire comprendre que, d’un point de vue humain, il pourrait ne serait-ce que faire le moindre effort pour tenter d’arriver à 10h30 plutôt que son traditionnel 11h15 ou 11h30. Chépa, une vague notion, tentais-je de lui expliquer, de respect d’autrui, et de moi en particulier, allez quoi, on est pote quand même, c’est moi qui t’ai fait entrer, quand même.

Et puis, faut dire que ses excuses journalières commençaient à me courir sur le haricot : “j’ai mangé indien hier, je l’ai mal digéré”, “j’attends que le postier passe parce qu’il devait m’amener une lettre pour la mutuelle que j’attends depuis six moi”, “je dors mal parce que j’ai les narines bouchées”, “ma montre a retardé toute seule d’une heure ce week-end”. Bref, revenant de mes vacances, voilà que Pascal débarque à 11h30 bien tassées. Le lendemain 11h15. Je fulminais. Au repas de midi, je lui dis alors tout de go : “écoute Pascal, je te demande un service, je te prie d’arriver à 10h30 et tu continues à arriver à 11h30, tu te fous de moi ?”. “Non, non”, répond-t-il, “je suis pas dans ce schéma-là et je te ferais remarquer que la semaine dernière, je suis arrivé plus tôt toute la semaine, mais quel dommage, t’étais pas là pour le voir”.

Quel dommage en effet.

Mercredi dernier, un produit de 2 x 250 kilos repartait de nos locaux. Le transporteur devait arriver à 10h00 et à ce repas, la veille, donc, je lui explique : “écoute, demain, sérieux faut que tu fasses quelque chose, je veux que tu arrives à 9h50 parce que si le transporteur débarque et que je suis tout seul, je vais te maudire”.

Arrive le mercredi.

9h50. Siège vide.

10h10. Siège vide.

10h20. Siège vide.

10h30. Pascal arrive.

Le transporteur n’était pas passé mais sous ma cervelle éclatait une tempête de colère. Comme une fleur, il s’assoit à son bureau, et je le regarde et lui dis le plus sérieusement possible : “non, là, sois clair : tu te fous de ma gueule”.

Et le voilà qui prend sa mine contrariée, outrée et désespérée, tout ça à la fois et il me dit dans un souffle de tristesse infinie, me fixant droit dans les yeux :

“Écoute Pop. Je te promets, j’ai fait ce que j’ai pu : je peux pas faire mieux. C’est le maximum”.

Vous savez dans les films quand une déflagration souffle un personnage et qu’il se retrouve incrusté dans le mur, bah voilà où j’étais.

“Je peux pas faire mieux”.

C’était sa réponse.

Pas pour arriver à 6h00 du matin, hein ! Pour arriver à 10h30. Je peux même pas expliquer le degré d’abasourdissement que j’avais atteint. Le mercure d’un thermomètre anal aurait explosé.

Alors, encore sous le choc, il entreprend de m’expliquer :

“Ce qui s’est passé, c’est qu’hier, après être parti, je suis allé chez MacWay pour acheter un disque dur de 320 Go pour mon iBook à qui je voulais redonner une seconde jeunesse, mais une des vis de l’iBook était coincée et j’ai eu du mal à l’extirper, l’opération a été plus longue que prévue et pour te prouver ma bonne foi : après avoir changé le disque dur, j’ai regardé le dernier épisode de The Office et alors qu’il dure 45 minutes, j’en ai regardé que vingt minutes parce que sinon, je savais que je n’aurais pas réussi à me lever pour être à l’heure”.

Putain, mais je rêve ? J’écris bien ce que je suis en train d’écrire, là ? Le gars, ok, je suis pas son chef, mais QUAND MÊME. Est-ce que ça ressemble de près ou de loin à une excuse valable ? “J’ai regardé une série hier soir, c’est pour ça que j’arrive en retard”.

Mais vous imaginez si on faisait tous ça ? Hier, un pote est venu chez moi, on a joué à la console jusqu’à une heure et j’ai pu arriver à 9h30 sans me forcer !

Scotché, je n’ai pu que balbutier : “ok, ok, si tu me dis que tu ne peux vraiment pas faire mieux”.

Quelques minutes plus tard, alors que je quittais le bureau, il vient me voir : “tu vois Pop, s’il y a bien une chose que tu peux savoir de moi facilement, c’est quand je mens : parce que quand je mens, j’ai les yeux qui fuient et là, tout à l’heure quand je t’ai expliqué pourquoi j’ai pas pu arriver à 10h00 [quoi ? qu’est-ce que tu m’as expliqué ?], je t’ai regardé droit dans les yeux, ça veut dire que j’étais franc et honnête”.

Ouais, ouais, super.

Vous savez quoi, vous, chers lecteurs de ce beulogue ? Vous êtes en train de me voir devenir fou. J’ai l’impression de devenir taré avec ce mec.

Le coup de grâce a été atteint entre hier et aujourd’hui. J’en pouvais plus de “et moi, j’ai fait l’ENS, et moi, je suis juif”. Après le coup de la pizza avant-hier (à lire sur mon autre beulogue, donc), je suis arrivé ce matin plutôt content car pas mal à l’heure dans la restitution de mes textes. J’étais assez guilleret.

Pascal est arrivé à 10h30, comme depuis le début de la semaine, je me dis, bon, on progresse. Comme je crois l’avoir expliqué, on est deux à rédiger nos tests : un premier qui fait le descriptif du produit et son écoute, l’autre une écoute “comparée”. Donc, je lui avais passé le fichier d’un produit qu’on avait écouté. Et, comme à son habitude, il le relit. Oui, je vous l’ai déjà dit ? Pascal a fait l’ENS en lettres classiques. Il a aussi fait une thèse sur le pouvoir Américain, il a parlé d’Obama sur un forum de cinéma, il y a cinq ans, il est très calé en astronomie, connaît toutes les dates des révoltes bolcheviques, parle couramment le grec et reprend systématiquement tout le monde tout le temps. Mais il prend un malin plaisir à me faire chier plus que les autres. Donc, relisant mon texte, j’ai le droit à ses commentaires. “Oh ! la faute d’accord ! Oh ! Non ! J’y crois pas ! Comment t’as délayé là ! Franchement, ça se voit ! Alors, attends, là, j’ai changé ce que tu écrivais en ça, parce que c’est mieux dit et plus joli”. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. Lui demandant s’il y en a beaucoup (de fautes d’accord), il me regarde et fait : “oui, quand même”. Cinq minutes après, j’ai la feuille de mon texte avec quatre traits rouges, une faute d’accord bête et une connerie d’un “ait” devenu “est”.

Bon, bon. À table, pendant le repas, il revient à la charge : “tu vois, ce qui se passe, c’est que quand tu délayes, on sent trop, moi, quand je le fais, c’est mieux, parce que c’est aussi ça qu’on apprend à l’ENS [rires]. Dans mon texte, je te le ferais lire en remontant, tu verras, c’est plus structuré… ton texte, il part dans tous les sens, le mien, il a une ossature, une organisation [il se fout de ma gueule, pas possible autrement], c’est que je n’aime pas les textes qui sont des successions de faits, et c’est exactement ce que tu as écrit”. Oh, le verre d’eau me démange. Oh le verre d’eau, là…

Nous remontons. À 15h30, je demande un service à Bob pour une traduction d’un texte technique. Bien sûr, Pascal sautille sur sa chaise : “je peux vous aider ?”. “Non, je demande à Bob”. C’est vrai quoi, merde. Alors, au bout de dix minutes où je discute doucement avec Bob, Pascal se lève, sort de la pièce, revient, s’assoit à son siège et n’y tenant plus, se relève et vient voir ce que j’essayais de traduire (c’étaient des mots techniques anglais à propos de sujets qui ne m’intéressent pas comme : “listing complet des pièces nécessaires à la fabrication d’un escalator”). Il regarde par dessus nos épaules et y va bien sûr de son commentaire. Finalement, une explication m’est donné, qui me convainc moyennement, mais bon, je me dis : “allez, laisse pisser”.

Et alors qu’il n’avait à peu près rien dit d’intelligent, il s’en va en glissant à l’oreille de Bob : “C’est marrant, c’est celui à qui on ne veut pas demander qui a la réponse en moins d’une minute”. Alors, j’entends bien sûr, je réponds : “tu m’as donné aucune réponse”, il fait : “bah, si, quand même”. Et là, c’est la putain de cocotte minute dans ma cervelle, j’ai laissé éclater un “bon, là, j’en ai marre” virulent. J’ai pris mes affaires et je me suis tiré. Et à peine arrivé chez moi, afin de sortir tout le pus de ma cervelle, d’exorciser toutes les images noires de ma journée, je tape ce texte d’une traite, ne le relis pas et le mets en ligne pour trouver dans le réconfort des amitiés virtuelles une once de compassion envers mon calvaire journalier.

Et accessoirement, je pense que c’est le dernier sur le sujet, parce que sinon, je vais me retrouver à Saint Anne plus vite que prévu (je devais pas y aller avant 2012).

Written by Engagé Baleine

February 12th, 2009 at 6:43 pm

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Retour difficile

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Mon rédacteur en chef est un adepte du “yaka” et du “issufy”.

Dans la théorie, tous les mois quand on commence un dossier il sort de son bureau pour venir dans notre open space (les deux pièces sont sont séparées d’une porte) et nous dit :”bon on va faire un dossier sur les ampoules électriques”. Alors comme on est poli on dit que oui ralala très bonne idée, c’est vrai qu’on en fait un que tous les trois mois et alors il décide qu’il faut faire une reunion puis il retourne dans son bureau. Le lendemain, on va le voir timidement et on souffle “rapport au dossier parce qu’on boucle dans deux semaines, euh, j’veux dire, on la fait la réunion”.

Alors, il se lève et il fait “oui oui, bien sûr”. Et ça s’arrête là.

Au bout de trois jours, on va le voir et on lui dit : “Bon, on va faire la réunion”. “Ah ! Super !”, il répond.

Alors, on va dans une pièce et on commence la réunion. Invariablement, il s’installe et dit en regardant ses petits papiers :
– Bon on va faire un dossier, alors y’a déjà quatre ampoules qui sont arrivées, y’en a des rouges, des jaunes et des bleues, c’est pas vraiment les mêmes, mais on s’en fout, et puis, il en faudrait hum… Je sais pas au moins une dizaine d’autres.
– Euh, tu sais qu’on a pas la place pour un si gros dossier.
– Oui, mais c’est politique, faut pas qu’une marque manque.
– Bon, mais, heu. D’accord, alors on appelle qui ?
– Bin, yaka faire comme d’habitude, on appelle tout le monde.

Et puis, là, il se retourne et fait : “Putain, ça, c’était une bonne réunion” et il se lève pour partir. Moi, je m’énerve, je l’arrête et bon, je fais : “nan nan nan nan nan, c’est pas une réunion, ça, on a rien décidé du tout”.

Alors, je deviens un genre de chef de substitution : “Quelles sont les marques qu’on doit appeler ?”, “Qui s’en occupe ?”. Mes deux autres supers collègues (hors le chef qui est parti répondre à son téléphone) regardent avec une attention soudaine leurs chaussures, genre, j’y suis pas, mais comme on est que trois sans le chef c’est pas vraiment facile.

Au bout d’un moment, ça commence à me gonfler sévère alors, je dis : “toi, tu fais ça, ça, ça et toi, tu fais ça, ça, ça, et moi je fais les soixante autres” (parce que je m’en donne toujours plus que les autres sinon j’ai l’impression d’être malhonnête). Je demande après si ça va. Et là, mon rédacteur en chef – qui est revenu – dit : “bah ouais, yaka appeler et issufi de demander les ampoules qui sont autour du même prix que les quatre qu’on a déjà”.

Alors, je me retourne et je dis : “et c’est quoi le prix des quatre ampoules qu’on a déjà ?”. Et là, il répond :
– Bah, yaka appeler pour demander.
– Nan, mais bon, pour les avoir, ces ampoules, tu as déjà appeler, t’as pas les prix.
– Bah, nan, j’ai pas pensé.

Ok, ok, zen, Pop. Je vais appeler pour demander les prix. Bon, mais là, on en a que quatre, comment on dispatche pour trouver les autres. Alors, là, le rédac chef reprend invariablement le même refrain : “bah, ouais, fastoche, yaka regarder ce qu’on a fait l’autre fois”. Et là, je craque, je note tout sur une feuille et je dis : “bon, la réunion est finie”. Et pendant une heure, j’appelle tout le monde à la place de mes collègues qui pour les uns commandent des DVD, pour les autres répondent à leurs mails pendant que le rédacteur en chef regarde le catalogue Marc Dorcel que je lui ai sorti de l’anti-spam.

Dans la pratique, ce mois-ci, on faisait un dossier sur les ampoules électriques. Comme j’étais en vacances pendant une semaine, j’avais le vague espoir que le dossier ait avancé sans moi. Je suis arrivé lundi, on avait une chiée d’ampoules dans nos locaux, mais pas un prix et puis des fois quinze ou vingt ampoules de la même société. Bref, c’était n’importe quoi… Alors, comme je me dis que bon, j’étais pas là, il doit bien y avoir quelqu’un qui chapeaute le dossier… Que n’avais-je rêvé ?

Mardi, on fait une réunion (et déjà, ça, ça été compliqué). Alors, comme d’hab : “On fait dix-huit ou vingt ampoules ce mois-ci !”. Bon, je précise que dans le chemin de fer, y’en a que huit prévus. Mon rédac’chef dit :
– Rha non, c’est pas possible, on en a déjà plus et faut qu’on en fasse plus
– Ouais, mais on boucle le 12… Bon, si on enlève, ça, ça et ça, on peut en faire quatorze.
– Ouais, on va faire ça, dit-il.

J’adore les chefs qui prennent des iniatives.

Je fais la liste des ampoules qu’on a, comme je l’avais senti, y’en a douze fois trop, alors mon rédac chef dit : “Bah, ce qu’on va faire, c’est qu’on va se concentrer sur une même fourchette de prix”. Alors, je dis :
– Bah très bien, c’est quoi les prix ?
– Ah, bah, on a pas demandé, on a juste demandé des ampoules.
– Ok, et on fait lesquels, alors ?
– Ah, bah, yaka les appeler et issufi de demander les prix.
– Ok et qui le fait ?

*silence*

Boulot de merde…

Written by Engagé Baleine

February 6th, 2009 at 1:20 am

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Vacances… Vite… !

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Ce soir, pour moi, ce sont les vacances qui vont commencer. J’ai tellement de jours de congés que je sais même pas comment me démerder pour tout dépenser d’ici fin mai : 22 jours + 5 jours de « 5ème semaine » + 2 jours d’ancienneté + 2 jours de fractionnement. À cela s’ajoute 22 jours de RTT par an (2 par mois sauf en août). Ça a parfois du bon les grosses entreprises…

Enfin, bref, je compte faire un maxi-giga break. Hier, j’ai donc dit à Pascal que pendant cette période, je ne voulais pas entendre parler de la société. Pas un mot de revente, de pas revente, de ce qui s’est passé dans le bureau, de Bob qui a fait son cossard, du rédac’chef ou de la maquettiste ou de la pub, rien de rien de rien.

En vrai, je souhaitais lui dire que je voulais pas qu’il me contacte pendant ma semaine de vacances, mais j’ai pas eu le courage, je suis trop con.
Alors que j’étais dans mes explications de : « pendant les vacances, je veux rien entendre de ce qui concerne le boulot », nous allions tous les deux manger (oui, tel un chien fidèle, mon ami Pascal court autour de moi avec fougue).

– Donc, je t’appelle pour rien ce qui concerne le boulot ?
– Voilà, c’est ça, l’idée.
– Ok. Et s’il se passe quelque chose à la cantine ?
– Euh… Non.
– Et s’il se passe quelque chose sur le chemin pour aller à la cantine ?
– Euh… Non.
– Et s’il se passe quelque chose qui ne concerne pas la société mais qui est en relation avec l’un des salariés du magazine ?
– Euh… Non. Rien.
– Ok. Et si…

Alors au bout de dix minutes de ce jeu de questions / réponses stupides (oui, ce n’était pas sérieux dans la bouche de Pascal, je me moque de lui mais il est quand même pas bête), je finis par lui dire : « Rien, tu ne m’appelles pour rien ».

Mais je sais que c’est peine perdue… Parce que je lui ai demandé de ne pas me contacter pour me parler du boulot, je suis sûr que j’aurais le droit à un coup de fil de lui : « Pop, je sais que je dois pas t’appeler pour le boulot, mais figure-toi qu’aujourd’hui au bureau… » et ma quiétude disparaîtra.

Written by Engagé Baleine

January 21st, 2009 at 4:40 pm

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